Une alerte environnementale est lancée autour du lac Tanganyika, menacé par la prolifération de la Jacinthe d’eau , une plante aquatique envahissante dont les racines contiennent un poison redoutable.
Cette plante, à première vue inoffensive, représente en réalité un grave danger écologique, économique et sanitaire.
Une plante toxique aux racines nuisibles.
Selon les experts environnementaux, les racines de la Jacinthe d’eau secrètent des substances toxiques qui affectent non seulement la faune aquatique, mais aussi la qualité de l’eau. Cette toxicité freine la régénération naturelle des écosystèmes aquatiques, détruit les habitations des poissons et contribue à la raréfaction des espèces halieutiques dans les zones envahies.
Une menace pour les économies locales.
La pêche artisanale, principale activité de survie pour les milliers de ménages vivant autour du lac Tanganyika est fortement perturbée. Les filets de pêches sont bloqués, les embarcations ne circulent plus librement, et la quantité de poissons capturés diminue drastiquement dans la région qui est également menacée.
Un danger partagé par plusieurs pays.
Outre le Burundi, d’autres pays riverains du lac Tanganyika et du Fleuve Nil sont concernés par cette invasion : La Tanzanie, la République démocratique du Congo, la Zambie mais aussi l’Ouganda, le Kenya , le Rwanda à travers les affluents du fleuve Nil même les autres pays riverains dudit fleuve à savoir le Soudan du sud, le Soudan, l’Ethiopie et l’Egypte seraient également menacés . La Jacinthe d’eau menace aussi les barrages hydroélectriques et surtout la biodiversité.
Un appel à la mobilisation
Face à cette urgence, les autorités administratives des zones riveraines du lac Tanganyika appellent à une mobilisation communautaire. « Nous demandons à toute la population riveraine du lac Tanganyika de contribuer à la lutte contre la Jacinthe d’eau. Il en va de la survie de notre biodiversité et de notre économie locale » a déclaré un responsable administratif en zone Rohero sur les rives Est du lac Tanganyika. Des campagnes de sensibilisation d’arrachage manuel de la Jacinthe d’eau pendant les travaux communautaires généralement organisés les samedi matin d’une part et d’autre part l’utilisation d’outils écologiques sont envisagés a-t-il dit. La coopération régionale et internationale est également jugée essentielle pour éradiquer durablement cette plante envahissante.
Une situation alarmante L’élargissement et l’approfondissement des ravins dans plusieurs quartiers de Bujumbura – Notamment Kanyosha, Carama, Kinindo, Kinanira ou encore Nyabugete – préoccupent de plus en plus les habitants. Ces formations ravineuses, parfois spectaculaires, menacent les habitations, les infrastructures routières et les terres cultivables. Si certains y voient uniquement le résultat d’une mauvaise urbanisation, de plus en plus d’experts pointent aussi du doigt les effets du changement climatique, qui accentuent la gravité du phénomène. Des pluies de plus en plus destructrices Les précipitations intenses et irrégulières que connaît la ville ces dernières années sont loin d’être anodines. Elles provoquent un ruissellement violent des eaux de pluie, qui érodent les pentes à grande vitesse. L’urbanisation en cause Mais le changement climatique n’est pas seul en cause. L’urbanisation rapide et anarchique de Bujumbura, sans planification ni gestion des eaux pluviales, a fortement fragilisé les sols. Des maisons sont construites sur des pentes instables, des routes bitumées sans caniveaux efficaces, et la végétation protectrice est souvent détruite. Un danger pour les populations Dans certaines zones, les ravins ont déjà emporté des clôtures, des plantations, voire menacé des habitations. Les habitants vivent dans la peur, surtout pendant la saison des pluies. Les routes sont parfois rendues impraticables, et les terres arables disparaissent petit à petit. Des solutions existent 1. Reboisement et protection des sols - Plantation d’arbres et d’herbacées anti-érosives. - Création de haies vives le long des ravins. 2. Construction d’infrastructures durables - Aménagement de caniveaux et fossés de drainage. - Construction de gabions et seuils pour stabiliser les ravins. 3. Urbanisation maîtrisée - Interdiction de construire dans les zones à risque. - Respect des normes de construction et drainage. 4. Sensibilisation communautaire - Éducation environnementale dans les quartiers. - Organisation de travaux communautaires (Ibikorwa Rusangi) pour reboiser, entretenir les caniveaux, etc. 5. Suivi et cartographie - Identification des zones à risque. - Collaboration avec les universités et experts en géologie et environnement. Un défi collectif Le ravinement à Bujumbura est un symbole visible de la crise climatique, combinée à une mauvaise gestion urbaine. Pour l’enrayer, une mobilisation de tous est nécessaire : autorités, urbanistes, citoyens, organisations de la société civile et partenaires techniques.
La République du Burundi préside, depuis vendredi le 17 Mars 2023 la Commission des forêts d’Afrique centrale(COMIFAC), une institution comprenant 11pays membres dont le Burundi. Les cérémonies de remise de témoin au nouveau président de la COMIFAC à savoir le ministre burundais de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage M. Sanctus Niragira par son prédécesseur, le ministre camerounais des forêts et de la faune M. Jules Doret Ndongo se sont déroulées vendredi le 17 courant à l’hôtel Club du lac Tanganyika en présence du Premier Ministre Burundais Gervais Ndirakobuca. Dans son discours de lancement officiel de la 11ème session ordinaire du conseil des ministres, le Premier ministre burundais a indiqué que la COMIFAC est née de la ferme volonté et de l’engagement solennel des chefs d’Etat d’Afrique centrale réunis a Yaoundé en mars 1999, à œuvrer de manière concertée pour promouvoir la gestion durable des écosystèmes forestiers du bassin du Congo qui absorbent par an environ 1,1 milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère, soit environ 4% des émissions mondiales, ce qui fait que l’Afrique centrale reste l’une des seules régions au monde qui absorbe plus de carbone qu’elle n’en émet. Le traité instituant cette institution prévoit que le conseil des ministres est l’organe de décisions, de coordination et de contrôle de la mise en œuvre des politiques en matière de gestion durable des écosystèmes forestiers d’Afrique centrale a-t-il dit.
Il a rappelé que la COMIFAC apporte aux pays membres beaucoup d’avantages par la mise en œuvre de son plan de convergence qui traduit la vision commune des Etats d’Afrique centrale et constituant un cadre global des interventions à mener au niveau des pays membres et au plan sous régional pour atteindre les objectifs convergents énoncées dans la déclaration de Yaoundé sur les forêts. C’est le cas des projets et programmes dont les pays membres ont pu bénéficier notamment le Programme « Gestion durable des forêts dans le bassin du Congo, le projet régional « Produits forestiers non ligneux, projet d’appui à l’observatoire des forêts d’Afrique centrale (OFAC), Projet régional REDD+ (Réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts. Le premier Gervais Ndirakobuca a saisi cette occasion pour saluer les réalisations de la COMIFAC dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration de Yaoundé de mars 1999 tout en signifiant qu’en dépit des difficultés financières que connait cette institution, force est de constater qu’elle continue à renforcer la visibilité du combat pour la conservation de la biodiversité et la lutte contre les changements climatiques.
Il n’a pas manqué de relater ce qui est en train de se faire au Burundi en matière d’environnement en général et dans le domaine des forêts en particulier. Il y a eu mise en place des outils stratégiques pouvant contribuer à la gestion durable des forêts et la lutte contre les changements climatiques notamment : le programme national de reboisement « Ewe Burundi Urambaye », la politique sur les changements climatiques et sa stratégie, le plan national pour le développement du Burundi2018-2027 avec un objectif stratégique consistant à préserver et restaurer les écosystèmes terrestres, lutter contre la désertification , la stratégie nationale REDD+ qui propose un système national de surveillance des forêts basé sur la mesure, notification et la vérification. Le Premier Ministre Gervais Ndirakobuca a signifié que la mise en œuvre des programmes et projets de la COMIFAC repose sur les contributions des pays mais aussi des partenaires au développement impliqués dans la protection de l’environnement en général et des forêts en particulier et qui continuent à soutenir les actions de la COMIFAC. Il a profité de cette occasion pour les remercier et de leur demander à être toujours aux côtés des pays de l’espace COMIFAC et le Burundi ne ménagera pas d’efforts pour que l’institution puisse continuer à rayonner et à remplir convenablement les nobles missions lui assignées. Il a , à cet effet, signifié que la COMIFAC , sous la présidence du Burundi, mettra à contribution cette opportunité pour que la communauté internationale considère les forêts d’Afrique centrale à leurs juste titre comme « Premier poumon vert de la planète »par leur capacité à éliminer le carbone de l’atmosphère avec un bilan carbone net positif déclassant automatiquement les forêts de l’Amazonie devenu négatif en termes de bilan carbone. Pour lui, la plupart des pays d’Afrique centrale, sont des pays au statut de Haute couverture de Forêts et Faible Déforestation et demeurent engagé à la préservation.
Victor Mubwigiri